Une baisse de libido est très fréquente et, dans la grande majorité des cas, passagère. Le désir sexuel fluctue naturellement au fil de la vie : stress, fatigue, tensions dans le couple, changements hormonaux ou certains médicaments peuvent le mettre en veille. Ce n’est un problème que si la situation dure et vous pèse, à vous ou à votre relation. Dans ce cas, il existe des pistes concrètes, et des professionnels pour vous accompagner. Voici comment y voir plus clair.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un sexologue.

Baisse de libido : de quoi parle-t-on ?

La libido, c’est l’envie d’avoir une activité sexuelle : y penser, avoir des fantasmes, prendre l’initiative, être réceptif aux sollicitations. Il n’existe pas de « norme » de fréquence. Une personne qui a peu de désir et qui le vit bien n’a aucun problème à régler. On parle de difficulté quand le changement est net par rapport à d’habitude, qu’il s’installe dans la durée, et qu’il crée une souffrance.

Les manuels médicaux le rappellent : des baisses temporaires du désir sont courantes et normales. Côté féminin, le Manuel MSD ne parle de trouble que lorsque la baisse dure au moins six mois et entraîne une détresse importante.

Les causes les plus fréquentes

Le plus souvent, plusieurs facteurs se combinent. Les identifier aide à savoir par où commencer.

Le stress, la fatigue et la charge mentale

C’est la cause numéro un. Un corps épuisé ou un esprit saturé met le désir en dernière position. Travail prenant, jeunes enfants, nuits courtes, soucis financiers : le cerveau a d’autres priorités. L’automne, avec la rentrée et les journées qui raccourcissent, est d’ailleurs une période où beaucoup ressentent une baisse d’énergie générale.

Le moral et la santé mentale

L’anxiété et la dépression font partie des causes bien documentées d’une perte de désir, chez les femmes comme chez les hommes. Une image de soi dégradée joue aussi beaucoup : difficile d’avoir envie quand on ne se sent pas bien dans son corps.

La relation elle-même

Conflits non résolus, rancœurs, manque de communication, routine installée, sexualité devenue insatisfaisante… Le désir est souvent le baromètre de ce qui se passe dans le couple. Parfois, il ne s’agit pas d’un manque de désir en général, mais d’un manque de désir dans un contexte précis.

Les hormones

Chez la femme, la baisse des œstrogènes à la ménopause, ou les bouleversements hormonaux après un accouchement, peuvent réduire le désir et parfois rendre les rapports inconfortables (sécheresse, douleurs). Chez l’homme, un taux bas de testostérone, plus fréquent avec l’âge, peut aussi être en cause. Selon le Manuel MSD, ce diagnostic repose sur les symptômes et une prise de sang réalisée tôt le matin.

Les médicaments et l’alcool

Certains antidépresseurs (notamment de la famille des ISRS), des anxiolytiques, des bêta-bloquants, des antiépileptiques ou des opioïdes peuvent diminuer la libido. Une consommation excessive d’alcool aussi. N’arrêtez jamais un traitement de vous-même : parlez-en à votre médecin, qui pourra parfois ajuster la dose ou proposer une alternative.

Les maladies chroniques

Diabète, maladies cardiovasculaires, maladie rénale chronique, sclérose en plaques ou douleurs persistantes peuvent affecter le désir, directement ou à travers la fatigue qu’elles entraînent.

Quand consulter ?

Il est utile d’en parler à un professionnel si :

  • la baisse de désir dure depuis plusieurs mois et vous fait souffrir ;
  • elle est apparue après le début d’un nouveau traitement ;
  • elle s’accompagne d’autres signes : fatigue intense, tristesse persistante, douleurs pendant les rapports, troubles de l’érection, bouffées de chaleur ;
  • elle crée des tensions importantes dans votre couple.

Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme sont de bons premiers interlocuteurs : ils peuvent chercher une cause médicale et, si besoin, vous orienter vers un sexologue, un psychologue ou une thérapie de couple. Les thérapies, en particulier les approches cognitives et comportementales ou basées sur la pleine conscience, ont montré leur intérêt.

7 pistes pour retrouver le désir

1. Retirer la pression

Plus on « doit » avoir envie, moins on a envie. Se donner le droit de ne pas avoir de rapports pendant un temps, tout en gardant de la tendresse, désamorce souvent le cercle vicieux de l’évitement.

2. En parler à deux, au bon moment

Pas au lit, pas juste après un refus. Choisissez un moment calme et parlez en « je » : « Je me sens épuisée en ce moment et je n’ai plus la tête à ça, mais ça n’a rien à voir avec toi. » Le partenaire qui a plus de désir a souvent besoin d’être rassuré sur le fait qu’il n’est pas rejeté.

3. Réinvestir la tendresse sans finalité

Câlins, massages, se tenir la main : quand chaque geste semble devoir mener à un rapport, on finit par les éviter tous. Réintroduire un toucher affectueux « pour rien » recrée de la proximité. C’est ce que décrit le langage du toucher physique dans notre article sur les langages de l’amour.

4. S’occuper de son sommeil et de son énergie

Dormir suffisamment, bouger régulièrement, réduire l’alcool : ce n’est pas glamour, mais c’est souvent la base. Le désir a besoin d’un minimum de disponibilité physique.

5. Comprendre son propre désir

Chez beaucoup de personnes, l’envie n’arrive pas spontanément : elle naît pendant un moment de proximité, une fois qu’on s’y est mis. On parle de désir « réactif ». Le savoir déculpabilise et change la façon d’aborder les choses.

6. Casser la routine

Nouveaux lieux, rendez-vous planifiés à l’extérieur, moments de couple sans écrans… La nouveauté stimule le désir. Même un simple changement de cadre (un week-end, un dîner en tête-à-tête) peut aider à se regarder autrement.

7. Se faire accompagner

Un sexologue ou un thérapeute de couple n’est pas réservé aux situations de crise. Quelques séances suffisent parfois à débloquer une communication qui tournait en rond.

Et si les libidos ne vont pas au même rythme ?

Les écarts de désir entre partenaires sont extrêmement courants et ne signifient pas que le couple va mal. L’enjeu est de trouver un équilibre où personne ne se sent ni forcé, ni rejeté. Le consentement reste non négociable : un rapport accepté « pour faire plaisir » à répétition finit généralement par éteindre encore plus le désir. La discussion, éventuellement accompagnée par un professionnel, reste la meilleure voie.

FAQ : baisse de libido

Est-il normal d’avoir une baisse de libido ?

Oui. Le désir varie selon le stress, la fatigue, la santé et la relation. Une baisse temporaire est courante et ne nécessite pas forcément de traitement.

Quelles sont les causes d’une perte de libido chez la femme ?

Les plus fréquentes sont le stress, la fatigue, les tensions dans le couple, l’anxiété ou la dépression, les variations hormonales (post-partum, ménopause) et certains médicaments. Plusieurs causes se combinent souvent.

Quelles sont les causes d’une baisse de libido chez l’homme ?

Le stress, la dépression, des problèmes relationnels, certains médicaments, des maladies chroniques et un taux bas de testostérone, plus fréquent avec l’âge. Une prise de sang permet de vérifier ce dernier point.

Qui consulter pour une baisse de désir ?

Commencez par votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme pour écarter une cause médicale. Ils pourront vous orienter vers un sexologue, un psychologue ou une thérapie de couple.

Les compléments « boosters de libido » sont-ils efficaces ?

Leur efficacité est rarement démontrée et certains peuvent interagir avec des traitements. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en prendre.

Photo à la une : Vitaly Gariev / Unsplash.