La pilule du lendemain est une contraception d’urgence à prendre le plus vite possible après un rapport non protégé ou mal protégé (oubli de pilule, préservatif qui a glissé ou craqué). Il en existe deux : le lévonorgestrel, à prendre au maximum dans les 72 heures, et l’ulipristal, utilisable jusqu’à 5 jours après. En France, elle est délivrée en pharmacie sans ordonnance et gratuite depuis le 1er janvier 2023. Plus elle est prise tôt, plus elle est efficace : n’attendez pas le lendemain si vous pouvez agir aujourd’hui.

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un pharmacien, d’une sage-femme ou d’un médecin. Les informations médicales qui suivent s’appuient principalement sur la fiche contraception d’urgence du Vidal.

Pilule du lendemain : dans quels cas la prendre ?

La contraception d’urgence s’adresse à toute personne qui a eu un rapport avec risque de grossesse sans contraception fiable au moment du rapport. Les situations les plus courantes :

  • rapport sans aucune contraception ;
  • préservatif qui a craqué, glissé ou été retiré trop tard ;
  • oubli ou retard de pilule au-delà du délai toléré par votre pilule (la notice précise ce délai) ;
  • vomissements ou diarrhée importants peu après la prise de votre pilule habituelle ;
  • décollement d’un patch, anneau mal placé, retard d’injection.

C’est une méthode d’exception, pas une contraception régulière : elle est moins efficace qu’une contraception prise en continu et ne protège pas des rapports suivants.

Lévonorgestrel ou ulipristal : les deux pilules en bref

Le lévonorgestrel (jusqu’à 72 heures)

Selon le Vidal, il se prend idéalement dans les 12 heures qui suivent le rapport et au maximum dans les 72 heures (3 jours). Son efficacité varie de 58 à 95 % selon le délai : elle diminue à mesure que le temps passe. La prise au cours d’un repas peut limiter les nausées, un effet indésirable fréquent.

L’ulipristal (jusqu’à 5 jours)

Il peut être pris jusqu’à cinq jours (120 heures) après le rapport, avec une efficacité estimée entre 73 et 85 %. Point important : il peut réduire l’action d’une pilule contraceptive hormonale prise ensuite. Utilisez donc des préservatifs jusqu’aux règles suivantes et demandez conseil au pharmacien pour la reprise de votre contraception habituelle.

Comment elles agissent

Ces comprimés agissent en retardant ou en bloquant l’ovulation. Ils n’ont donc d’effet que si l’ovulation n’a pas encore eu lieu. Ce ne sont pas des pilules abortives : elles n’interrompent pas une grossesse déjà installée. C’est aussi pour cela que leur efficacité est plus incertaine en milieu de cycle, autour de l’ovulation.

Le stérilet au cuivre : l’option la plus efficace

On l’oublie souvent, mais la pose d’un dispositif intra-utérin (DIU, ou stérilet) au cuivre est aussi une contraception d’urgence, à réaliser dans les cinq jours suivant le rapport. Le Vidal le présente comme la solution à privilégier lorsque le rapport a eu lieu dans la période proche de l’ovulation, où les comprimés risquent d’être inefficaces. Avantage supplémentaire : il peut ensuite rester en place comme contraception de longue durée. La pose nécessite de consulter rapidement un médecin, un ou une gynécologue ou une sage-femme. Pour en savoir plus sur cette méthode, consultez notre guide de la contraception sans hormones.

Où l’obtenir et combien ça coûte

La pilule du lendemain se demande directement au comptoir de n’importe quelle pharmacie, sans ordonnance. Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d’urgence hormonale est prise en charge à 100 % et sans avance de frais pour toutes les femmes en âge de procréer, qu’il s’agisse du lévonorgestrel ou de l’ulipristal. Elle peut aussi être obtenue dans les centres de santé sexuelle (ex-centres de planification familiale).

Quelques conseils pratiques :

  • Allez à la pharmacie la plus proche, même tard : une pharmacie de garde est toujours ouverte.
  • Le pharmacien peut vous poser quelques questions (date du rapport, des dernières règles, traitements en cours) pour vous orienter vers la bonne option. Ce n’est pas un jugement, c’est pour la sécurité et l’efficacité.
  • Signalez tous vos traitements, y compris les médicaments contre l’épilepsie, certains antibiotiques ou les produits à base de plantes : certaines substances peuvent diminuer l’efficacité du comprimé, et le pharmacien saura vous orienter.
  • Vous pouvez en avoir une d’avance dans votre trousse de voyage, pour ne pas dépendre d’une pharmacie au mauvais moment.

Après la prise : effets secondaires et suite

Les effets indésirables possibles

Ils sont en général passagers : nausées, maux de tête, douleurs abdominales ou mammaires, fatigue, vertiges. Les règles suivantes peuvent arriver un peu en avance ou en retard, et des petits saignements sont possibles. Si vous vomissez dans les heures qui suivent la prise, contactez rapidement votre pharmacien ou un médecin : une nouvelle prise peut être nécessaire.

Se protéger jusqu’aux prochaines règles

La pilule du lendemain ne protège pas des rapports qui suivent. Utilisez des préservatifs jusqu’au retour de vos règles. Si vous prenez une pilule contraceptive, demandez au pharmacien comment la reprendre : la conduite n’est pas la même selon le comprimé d’urgence utilisé.

Quand faire un test de grossesse

Faites un test si vos règles ont plus de 5 à 7 jours de retard par rapport à la date prévue, ou si elles sont inhabituelles (très légères, douloureuses). En cas de doute, consultez.

Penser aussi aux IST

La contraception d’urgence ne protège d’aucune infection sexuellement transmissible. Après un rapport non protégé, un dépistage des IST est recommandé, notamment avec un nouveau partenaire. En cas de risque d’exposition au VIH (rapport non protégé avec une personne dont on ne connaît pas le statut), un traitement post-exposition doit être demandé dans les 48 heures aux urgences ou en CeGIDD.

Idées reçues sur la pilule du lendemain

  • « Elle rend stérile. » Non. Elle n’a pas d’effet sur la fertilité future.
  • « On peut attendre le lendemain. » Le nom est trompeur : l’efficacité est maximale dans les toutes premières heures.
  • « C’est une IVG. » Non, elle agit avant l’ovulation et n’interrompt pas une grossesse en cours.
  • « On peut l’utiliser comme contraception habituelle. » Non : elle est moins efficace qu’une contraception régulière. Si vous y avez souvent recours, parlez-en à un professionnel pour trouver une méthode adaptée à votre vie.

FAQ : pilule du lendemain

Jusqu’à quand peut-on prendre la pilule du lendemain ?

Jusqu’à 72 heures après le rapport pour le lévonorgestrel, jusqu’à 5 jours pour l’ulipristal. Dans tous les cas, le plus tôt est le mieux. Au-delà, ou si le rapport a eu lieu près de l’ovulation, le stérilet au cuivre posé dans les 5 jours reste une option.

La pilule du lendemain est-elle vraiment gratuite ?

Oui, en France, depuis le 1er janvier 2023, elle est prise en charge à 100 % et sans avance de frais en pharmacie, sans ordonnance, pour toutes les femmes en âge de procréer.

Est-ce que je saurai si elle a fonctionné ?

Le seul signe fiable est l’arrivée des règles. Si elles ont plus de 5 à 7 jours de retard ou sont inhabituelles, faites un test de grossesse.

Puis-je la prendre si je suis sous pilule ?

Oui, en cas d’oubli au-delà du délai toléré. Demandez au pharmacien comment poursuivre votre plaquette et utilisez des préservatifs jusqu’aux règles suivantes, en particulier après l’ulipristal.

Photo à la une : Myriam Zilles / Unsplash.